Archive pour la catégorie ‘Récits de résidents’

Togo, mon pays | hospitalité

Lundi 18 août 2008

J’aime mon pays.
Situé en Afrique de l’Ouest, il compte deux millions cinq cent mille habitants et couvre une superficie de cinquante-six mille kilomètres. Notre culture est plurielle, plusieurs ethnies se partagent les traditions avec pour règle commune : l’hospitalité.
Un accueil chaleureux est réservé à tous les étrangers avec une prédilection pour les Européens. A l’inverse, ici en Europe, je me souviens qu’à mon arrivée j’ai ressenti que je n’étais pas la bienvenue, j’avais l’impression d’être autre chose qu’un être humain.
En plus des religions que nous ont apporté les Occidentaux, nous avons des animistes et des athées.
Chaque ethnie a ses croyances et ses traditions. Dans la pratique de la religion, ici en Europe, je déplore la difficulté qu’ont certains croyants à donner la paix du Christ, par l’accolade fraternelle, à une personne de couleur. Au lieu de cela, ils tendent la main pensant ainsi se préserver estimant que nous ne sommes pas sains.
Dans mon pays, tous les enfants sont scolarisés, sans distinction de race, de sexe et de croyance. Cependant, l’homme est toujours supérieur à la femme. Quelque soit son niveau d’instruction, la femme n’a pas le choix, ni le droit d’exercer la profession qu’elle souhaite.
Mon pays n’est malheureusement pas épargné par un des fléaux qui frappe de nombreux pays africains : l’instabilité politique.
Pour terminer sur quelques notes positives, je veux encore vous parler de l’importance des fêtes traditionnelles de mon pays. Chaque ethnie, chaque religion a ses fêtes de fin de récoltes, c’est le moment des grandes retrouvailles où tous ceux qui étaient éloignés reviennent au village pour partager festins, musiques et danses traditionnelles.
Le tableau serait incomplet si j’oubliais la beauté de la nature, de la faune et de la flore qui fait de mon pays une terre d’accueil tant prisée par les touristes.

Yvette Marie-Ange
Togo

Témoignages | Kinshasa

Mardi 20 mai 2008

Kinshasa, tu es belle.
Malgré ce que propagent les messagers de fausses nouvelles.
Tu es toujours belle.
Mais c’est le soleil qui t’a brûlée.

Dis-moi, ville de mon enfance
Qu’as-tu fait des poissons de ton majestueux fleuve ?
Où sont passés tous tes enfants qui clamaient ton élégance ?
Où sont passés tous les héros qui jadis te protégeaient contre les fauves ?

Parle ! Ville d’ambiances et de réjouissances
Tu es devenue aujourd’hui synonyme de souffrance
A cause des guerres, des injustices, de la terreur et de l’arbitraire imposés par les grandes puissances.
A cause de ton hospitalité et de ta bonté, tu as perdu toute ta beauté.

Regarde ! Tes voisins jaloux se sont ligués contre toi
Et tu es devenue aujourd’hui leur proie.

Lève-toi et parle !
Demande à la terre de te rendre les dignes fils qu’elle t’a enlevé
Rappelle tes enfants qui sont en Occident
Qu’ils reviennent pour te défendre.

Kinshasa, tu es belle, malgré ce que propagent les messagers de fausses nouvelles
Tu es toujours belle
Mais c’est le soleil qui t’a brûlée.

Jules Mabika
R.D. Congo

Une initiative de la Croix-Rouge | CRB | ada Manhay

Témoignages | Récits de résidents | Nostalgie d’un enfant perdu | Algérie

Dimanche 11 mai 2008

Je suis arrivé, il y a huit mois, d’un pays où il y a le soleil et la mer. On a toujours un beau climat parce que notre situation géographique est favorable. Ceci fait notre bonheur. Dans notre culture, la tristesse et la solitude n’ont pas de place. En effet, nos jeunes aiment chanter, danser et ils se marient très tôt. Nos parents ont beaucoup fait pour nous. Leur principal souci, c’est que leurs enfants aient tout ce qui est indispensable pour affronter la vie. Après une journée de travail dure et fatigante, mon père était toujours souriant. Ma mère était toujours là pour l’éducation de ses enfant et surtout pour préparer à manger. J’aimais beaucoup ses biscuits au lait.
Je remercie mes parents de m’avoir donné l’éducation et l’instruction qui me permettent d’être ce que je suis aujourd’hui. Ce sont eux qui ont semé en moi la sagesse et l’amour. Grâce à eux, je suis devenu humain. Je ne suis jamais en colère même envers mes propres amis. Un jour, mon père ma dit : « il faut toujours dire la vérité même si elle est amère ».

Mohamed Bouterbiat
Algérie

Témoignages | Récits de résidents | Heureux souvenir | Togo

Samedi 10 mai 2008

C’était en juillet 1997, nous étions des centaines de candidats bacheliers rassemblé sur la cour du Collège St Joseph, à attendre les résultats de notre deuxième épreuve. La proclamation des résultats était commencée depuis une demi-heure lorsque le jury prononça mon numéro de table et mon nom.
J’avais réussi. Je ne me souviens pas d’avoir jamais crié aussi fort « Merci Seigneur »? C’était un moment de bonheur intense à nul autre pareil que j’ai vécu ce jour là.

Koffi Lawson
Togo

Au Libéria

Samedi 10 mai 2008

Dans mon pays, il y a certaines traditions que l’on doit suivre à la lettre même si elles sont arriérées parce qu’elles se transmettent de génération en génération.
Chez nous, la femme est totalement soumise aux instructions données par ses parents et son mari telles que les occupations familiales, la lessive à la rivière, le travail au champ, piler le maïs et le mil, préparer le repas, n’avoir aucune distraction à l’exception des mariages, des baptêmes, circoncisions et fêtes annuelles du village. Cette différence de condition, imposée, dès le plus jeune âge, chez les filles comme chez les garçons, ne nous permet pas de ce connaître réellement nos droits à la liberté et au bonheur comme ici en Belgique ou l’apprentissage de la liberté et du respect de l’autre permet de donner un sens à sa vie, de poser des choix et d’acquérir quantité d’expérience dans différents domaines de la vie. L’école y contribue aussi mais ce n’est pas le cas en Afrique car beaucoup de parents africains en ignorent l’importance.
Pour nous qui venons d’arriver en Europe, nous découvrons à quel point avoir des droits peut influencer le cours de la vie. C’est le contraire de notre pays où la liberté et le bonheur passent après tout le reste. Heureusement que certains d’entre-nous peuvent faire leurs études en Europe. Une fois rentrés au pays, ils témoignent d’autres expériences et tentent de faire changer les choses vers plus de modernité, un nouvel avenir pour l’humanité.

Moussa Camra
Libéria

Etre femme en Afrique

Jeudi 8 mai 2008

La condition de la femme africaine n’est pas enviable, elle est en retard par rapport à la femme européenne.
Dans plusieurs pays d’Afrique, la femme est réduite au rang de chose, d’esclave, de machine à procréer, elle a moins d’importance que l’homme. Elle est là pour travailler, s’occuper de ses enfants et de son mari, sans pouvoir faire de suggestion, sans faire état de ses désirs.
Considérée comme un être inférieur, elle subit l’injustice en permanence. Aux champs, par exemple, les femmes effectuent tout le travail pour préparer le récolte jusqu’au moment de la mousson. C’est alors que les hommes interviennent pour donner leurs ordres. Et encore, après la pêche, même si l’homme n’y a pas participé, c’est lui qui a droit à la plus grosse part de poisson. Et toujours, au repas, elle n’a pas le droit de manger à la même table que son mari alors que c’est elle qui l’a préparé. Bien qu’elle occupe une grande place dans la vie culturelle et artisanale par la danse, la musique, la fabrication de bijoux, tapis, etc, on ne lui accorde que peu de droit dans la société.
En venant en Europe, nous mesurons le chemin qui nous reste à accomplir et nous goûtons enfin à l’égalité des droits entre femmes et hommes.

Bakatuimina Emerance
R.D. Du Congo

Témoignages | Récits de résidents | Conte Camerounais

Mercredi 30 avril 2008

Il était une fois, dans un village du Cameroun, un homme qui vivait avec sa femme et ses deux enfants. Cette famille était vraiment heureuse. Malheureusement, la mère vint à mourir. L’homme éleva, seul, ses deux enfants pendant quelques années puis, il décida de prendre une nouvelle épouse.

Celle-ci n’aimait pas les enfants. Ils étaient battus jour et nuit, soumis à des travaux pénibles. Une nuit, elle proposa à son mari de se débarrasser des enfants. Le petit garçon, qui ne dormait pas, entendit la conversation et décida de s’enfuir avec sa soeur. Ils prirent la route sans savoir où ils allaient. Ils finirent par arriver sous un arbre dans un pays qu’ils ne connaissaient pas. La petite, très fatiguée par le voyage, s’endormit sur les genoux de son frère. Ils étaient perdus et découragés. Soudain, le garçon entendit une voix qui l’invitait à ne pas se décourager, l’assurant que le ciel leur viendrait en aide.

Le lendemain, ils se remirent en route. Ils finirent par atteindre le village de N’Diambou. Ils furent recueillis par une grand-mère qui s’occupa d’eux.
Quelques années plus tard, le chef du village qui cherchait une épouse pour son fils aîné, choisit l’orpheline. Le prince héritier l’épousa et elle pu prendre son frère et sa grand-mère d’adoption à son service.

Une nouvelle vie commença pour tous, dans la joie et le bonheur.
Abandonné par son épouse, le père des deux enfants les chercha dans le monde entier. Il les retrouva et leur demanda pardon. Impressionné, le chef du village lui accorda un titre de noblesse dans la « chefaine » du royaume Takoté.

Jean-Paul
Cameroun

Témoignages | Récits de résidents | Proverbes

Mercredi 30 avril 2008

Proverbes

Un coup isolé n’arrête jamais le combat.

Celui qui n’a pas encore atteint l’autre rive ne doit pas se moquer de celui qui se noie.

Celui qui a la diarrhée n’a pas peur de l’obscurité.

L’abbé ne fait pas le moine.

On ne regarde pas dans la bouche d’un grilleur d’arachides.

Plus pressé que la musique dansera toujours mal.

Quelque soit le temps qu’un jour prendra, il y arrivera.

Un vieillard qui meurt en Afrique est une bibliothèque qui brûle.

L’étranger n’est arrogant qu’à la fin de son séjour.

Qui dit qu’il s’en fout n’a rien vu.

On ne peut être malheureux que si ceux qui prennent le dessus sont heureux.

Le piment gratuit est plus doux que le sucre.

On ne donne pas du poisson à l’enfant mais on lui apprend à pêcher.

Quand la pauvreté frappe à la porte, l’amour s’enfuit par la fenêtre.

A beau mentir qui vient de boire.

Le remerciement du bouc n’est rien d’autre qu’une pierre.

L’orphelin ne se rassasie que le jour du deuil.

Un vendeur d’oeufs ne provoque pas la bagarre au marché.

L’orphelin ne se bagarre qu’à côté de la haie.

Témoignages | Récits de résidents | Un monde noir et blanc

Mercredi 30 avril 2008

« Bien que l’Afrique soit le berceau de l’humanité, qu’elle regroupe toutes les richesses et les potentialités en matière de ressources minières, énergétiques, agricoles et vivrières : or, diamant, cuivre, pétrole, gaz naturel, uranium, café, riz, poissons… Bien que sa civilisation soit séculaire et forte de sa diversité, elle reste incapable d’exploiter elle-même ses richesses et de nourrir sa population. Pour survenir à l’ensemble des ses besoins – sanitaires, technologiques, infrastructures, éducation,… – aujourd’hui encore, le monde noir a besoin du monde blanc, mais il attend d’être respecté.
N’oublions pas que la richesse de l’Occident s’est construite, en partie, grâce à l’exploitation des territoires coloniaux, africains, asiatiques et américains. Les peuples noirs ont payé un lourd tribu à l’esclavage et, par là même, contribué à la prospérité du monde des blancs.
Par le Déclaration Universelle des Droits de l’ Homme, les « Humanistes Blancs » ont défini un ensemble de droits et devoirs élémentaires visant à la Liberté, l’ Egalité et la Fraternité des Hommes, sans distinction de sexe, de race et de religion. Ensemble, nous pouvons racheter les erreurs du passé, en mettant en pratique ces bonnes intentions et en inventant un monde où tous les Hommes pourront vivre en harmonie et en complémentarité tant en Occident, en Asie qu’en Afrique. »

Fofana Kanibé
Côte d’Ivoire

Témoignages | Récits de résidents | Aux origines de l’inégalité

Mercredi 30 avril 2008

« Pourquoi la femme reste-t-elle au foyer ?
Au commencement, Dieu avait laissé l’homme et la femme sur la terre. Un jour, il donna un couteau à l’homme et lui dit : « cette nuit, tu couperas le cou de ta femme quand elle dormira ». L’homme s’éloigna en pensant qu’il lui serait impossible de couper le cou de sa femme, qu’il n’y arriverait jamais. Il jeta alors le couteau dans la rivière. Dieu en conclut que l’homme était bon. Il appela ensuite la femme et lui dit : « Cette nuit, tu trancheras le cou de ton mari quand il dormira ». La femme répondit : « c’est bien, je le ferai ». A la nuit tombée, la femme tua son mari. Dieu s’écria : « Misérable, ton coeur est trop méchant. Désormais, ta place sera au foyer ou au champ ». Ensuite, il ressuscita l’homme et lui dit : « Tu seras le maître, tu porteras des armes pour chasser et défendre ton foyer ». C’est depuis ce jour que la femme reste au foyer. »

Koffi Lawson
Togo