Eko-Latino | concert | CRB | Des Racines et des Ailes | province de Luxembourg

C’est ce vendredi 2 mars que se déroule à la Croix-Rouge | CRB | Manhay la ‘Soirée latino’ mitonnée par le Centre d’accueil pour demandeurs d’asile ‘Des racines et des ailes’.

On y attend beaucoup, beaucoup de monde. C’est que le programme s’annonce alléchant ! D’abord, le groupe Eko Latino, à l’affiche, nous arrive auréolé d’une réputation musicale flatteuse. Mais en outre, c’est sa fondatrice et animatrice, Carmen Sepulveda, qui règne ce soir sur les cuisines, où elle nous apprête un menu traditionnel de son pays, le Chili. Elle confie que la relation des Chiliens à la nourriture est primordiale en toute circonstance. On dit là-bas : ‘Guatita llena, corazon contento’, ce qui signifie : ‘Ventre plein, joie au coeur’.

Aussi, votre webmaster favori, qui coiffe pour la circonstance sa casquette de reporter occasionnel, investit-il les lieux bien avant l’arrivée des premiers invités.

En préambule, un petit tour aux cuisines pour humer les effluves des plats en préparation – les oeufs farcis en entrée, le pollo andino (poulet andin et riz pilaf) comme plat principal, un budin de semola (pudding de semoule accompagné d’une sauce au vin rouge) au dessert. Tout cela fleure bon sa lointaine terre d’origine.

Photo plat oeufs

Deuxième étape : cap sur la réception. Je veux y prendre quelques clichés des apéritifs concoctés avec soin par le personnel du Centre – cocktails détonants, à base de rhum et de jus de fruits exotiques, aromatisés à la menthe fraîche, ou plus sagement non alcoolisés – et des plateaux de tacos, accompagnés de leurs sauces pimentées, disposés sur les tables égayées de primevères printanières.

Photo de cocktails

Photo | apéritifs

Les invités se pressent, nombreux maintenant, arrivant par vagues successives. Il faut dire que les résidents des autres centres d’accueil régionaux ont massivement répondu ‘présents’. L’ambiance monte, s’échauffe. Les musiciens d’Eko Latino accordent leurs instruments, dans la salle de concert attenante. La soirée latino s’annonce chaude…

Vient l’heure du repas. D’une simplicité somptueuse, il se révèle délicieux, et combien nourrissant.

Photo des plats

C’est le moment privilégié des échanges d’idées et des rencontres, si enrichissantes, avec les résidents du Centre. Ce soir, c’est un Touareg d’Algérie, dont je partage la table, qui me plongera au coeur de la culture de son pays, de la vie dans le désert ; il me parlera de cet animal incomparable qu’est le chameau, de la tenue vestimentaire bleue de son peuple. De sa tristesse aussi.

Rassasiés et heureux – ‘ventre plein, coeur content ! ‘ – les convives se dirigent vers la salle de concert.

Toutes les lumières s’éteignent soudain. Catastrophe ! Une coupure générale d’électricité ! Nous apprendrons que quinze communes sont plongées d’un coup dans l’obscurité totale. Il n’y a rien à faire, sinon prendre son mal en patience.

Nos amis africains ne comprennent pas notre énervement et s’en amusent. Rien de plus normal, voire banal, pour eux, que ce type d’incident !

J’entends alors les musiciens discuter entre eux : ‘Si c’est comme ça, on va jouer en acoustique’. Sans apport électrique. On ne recule jamais devant rien au Centre. On s’adapte. Comme dans les pays d’où proviennent tous ces gens…

De la musique à la lueur vacillante des bougies qui s’allument un peu partout ? Pourquoi pas ? Mais le courant électrique se rétablit bientôt : l’alerte n’aura pas duré longtemps, en fait.

Eko Latino peut enfin se présenter sur scène. Au départ, ce groupe familial, jeté sur les routes de l’exil par la sanglante dictature de Pinochet et accueilli en Belgique, est formé par Carmen Sepulveda et ses deux fils, Luis et Sergio Pincheira ; il est complété par Raoul Fernandez à la guitare et Philippe Vincent aux congas. Motivé et sincère, il arpente le pays, du nord au sud et d’est en ouest, pendant dix ans. Une pause de plusieurs années succède à cette décennie hyperactive. Lorsqu’elle prend fin, une nouvelle configuration donne un second souffle au projet musical du groupe. Les frères Pincheira développaient simultanément un projet parallèle, Xaman-Ek. Leurs partenaires au sein de cet autre projet rejoignent le groupe Eko Latino, de même que Victoria Sepulveda, la jeune soeur du duo, à la voix prometteuse, et Olibwoy, à l’accordéon.

Le répertoire du groupe Eko Latino est une invitation au voyage en Amérique Latine, au travers de classiques, de chants de lutte, et de morceaux tirés du folklore latino, où se fondent habilement des rythmes endiablés et des mélodies plus calmes.

Eko-Latino | Photo du groupe

On embarque pour un voyage de plus de 10,000 km, partant de Cuba, traversant le Mexique, le Venezuela, la Cordillère des Andes, descendant le long Chili filiforme, remontant par l’Argentine et le Brésil. Tous ceux qui les écoutent, électrisés par cette ambiance torride, dansent avec frénésie sur ces musiques incandescentes que scandent avec conviction six artistes remarquables.

Codecs non installés

La soirée se poursuit par une démonstration de danse salsa, magistralement orchestrée par Firmin et Joëlle. Elle, est enseignante dans une école d’enseignement spécial, à Theux. Lui, on connaît bien, au Centre, son sérieux et son humour ‘pince sans rire’… Tous deux sont partenaires de danse ‘dans le civil’, ce qui nous vaut cette prestation harmonieuse et si bien accordée.

On dansera encore et encore. Un bal latino entraînera les inconditionnels de ces rythmes chauds, irrésistibles.. Jusqu’au bout de la nuit.

Danseurs de Salsa 1

Salsa

Bravo à tous pour ces moments intenses de partage et de chaleur humaine.

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