L’environnement
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Histoire de Fays | Manhay
(Extrait du livre de Joël Derenne « Manhay Histoire de ses villages » 086/45.56.25)
Alfred Bonmariage, l’instituteur, à gauche et Victor Périlleux, le futur bourgmestre, se sont arrêtés au croisement de plusieurs routes.
D’ici, vous pouvez vous diriger vers Burnontige et Saint-Antoine à droite; tout droit, vous arriverez au Vieux Fourneau et à Grand Bru en passant à côté du café Meunier; la route allant vers Roche-à-Frênes se faufile dans l’étroit passage laissé entre les deux bâtiments de gauche, et le chemin à prendre pour se rendre à Deux-Rys passe à côté du photographe. Il était inutile d’interroger ces deux personnages, un joli poteau indicateur en fonte indiquait clairement la direction à suivre. A côté, un autre poteau, en bois, celui-là, vient d’être dressé. C’est cette année-là que le réseau électrique a été installé dans le village. Les fils ne sont pas encore posés. Chaque ménage avait droit à trois lampes (195 francs), un compteur (40 francs), et un contrepoids (17 francs).
La commune intervenait dans l’achat d’une ampoule hormis les cinq derniers francs, mais une taxe de 30 centimes était réclamée.
Le grand bâtiment blanc sur la gauche du document comprend deux corps de logis. Le premier appartenait à un ancien mayeur de Harre, Joseph Dujardin et son épouse Marie Goblet. Le second abritait la soeur de Joseph, Julienne Dujardin. Elle se trouve dans l’embrasure de la porte d’entrée. La construction en pierre juste après renfermait une écurie surmontée d’un fenil.
A cette époque, les fermiers amassaient souvent le fumier devant leur ferme comme sur le cliché. Ils montraient ainsi l’importance de leur exploitation. En effet, plus le tas était grand, plus le paysan était riche !
Certains jeunes hommes, en quête de « commères » regardaient d’abord l’importance du tas de fumier avant d’éventuellement rentrer !
Voici le centre du village de Fays.
Le Sacré-Coeur veille sur la maison Meunier. Gustave et sa femme, Irène Gilson, y ont ouvert un magasin après la guerre et cela, pendant une trentaine d’années. Le premier téléphone du hameau y était installé. Il fallait former le 38 pour l’atteindre. Déjà avant le dernier conflit mondial, des représentations théâtrales se déroulaient dans une salle située à l’arrière du bâtiment. On y dansait aussi les jours de kermesse. Un jeu de quilles placé devant la façade attirait les nombreux amateurs, essentiellement masculins. Les villageois connurent deux autres boutiques. Une avant-guerre, de Moïse et Aurélie Périlleux, se trouvait sur la route de Deux-Rys. L’autre, de Lucien Goblet et Fédéline Russel, située sur la route du château du « Ménage », ferma ses portes à la fin des années 50. L’école que l’on peut voir derrière fut construite en 1860. Arthur Boudelet commença a y enseigner en 1904. Il céda sa place en 1920 à Alfred Bonmariage. Le regretté maître se tua dans un accident de moto en 1950.
Son fils Pierre le remplaça pendant 10 ans. Alphonse Hubert de Vaux-Chavanne arriva ensuite jusqu’en 1967, année où il partit enseigner en Allemagne. Il laissa ainsi le poste vacant à la première et dernière institutrice du village: Françoise Poncelet. L’école ferma malheureusement son unique classe en 1978 au grand regret de l’institutrice et de tous les habitants de Fays. Hormis l’enseignement, l’école eut d’autres fonctions durant ce siècle. Dans les années 30, on y projeta des films muets, elle servit de dortoir pour les soldats allemands en 1940, d’autres soldats l’utilisèrent comme morgue quatre ans plus tard, ensuite les Anglais de la Tactical Air Force s’y établirent. Avant de devenir une maison des jeunes, on l’employa également pour des cours d’adultes, des conférences agricoles et des réunions de la Ligue des familles.
Les personnes dressées devant la boutique s’appellent Camille et Michel Meunier, Francis Bastin, Gustave Meunier et Auguste Bouha (descendant de Victor Bouha, centenaire de Fays).
L’origine du site est plutôt nébuleuse. On raconte qu’un ermitage fondé par les moines du Val-Saint-Lambert et des religieuses de Nivelles, existait déjà dès le XIV ème siècle. La légende dit aussi que deux jeunes bûcherons perdus dans les bois invoquèrent saint Antoine pour retrouver leur chemin. En reconnaissance ils élevèrent une chapelle.
Elle fut bâtie en 1658 et reconstruite en 1877 pour 19.028 francs. Le presbytère coûta 15.000 francs en 1874. La statue du saint ainsi qu’une colonne lui servant de support daterait de 1596. Un calice précieux en vermeil ciselé fut donné à l’église en 1717. Une confrérie de Saint-Antoine de Padoue est canoniquement établie dans l’église paroissiale. Elle recevra l’approbation de Monseigneur Thomas-Louis, évêque de Namur, le 8 décembre 1930.
Un autel surmonté d’une verrière a été élevée au début des années 1990 grâce aux offrandes des fidèles et au charisme de l’abbé Choque. Il permet de célébrer les messes en plein air tous les mardis par beau temps. Les prêtres ayant servi la paroisse durant ce siècle sont les suivants : Henri Kerremans de 1897 à 1918, Nicolas-Joseph Noirhomme de 1918 à 1927, Octavien Quoilin de 1927 à 1946, Nicolas Schmitz de 1946 à 1983, André Choque de 1983 à 1995 et Christian Dehotte aujourd’hui.
A l’avant-plan, le nouveau presbytère dissimule partiellement l’ancien.
Derrière l’église, se trouve l’hôtel du Vieil Hermitage. Marcel Cornet de Heyd le fit construire en 1935. Luxueux, avec terrasse, piscine et un très beau tir aux claies, il attirait une clientèle assez bourgeoise. Par la suite le bâtiment devint un hôme de vacances.
La procession du 13 juin existe depuis bien longtemps à Saint-Antoine. Des écrits parlent de plus de 300 voire 600 ans. Le nombre de pèlerins, l’assiduité à tous les offices, le faste de la grande procession ont atteint leur apogée semble-t-il sous le curé Kerremans. En 1899, plus de cent prêtres et dix à douze mille fidèles se rassemblèrent pour prier. La première guerre 14-18 ainsi que l’après-guerre a déjà ralenti quelque peu l’ardeur des pèlerins . Mais ce qui a le plus bouleversé les pèlerinages, c’est l’après-guerre de 40-45. On dut reporter celui du 13 juin au dimanche suivant pour que ce soit un jour férié. Mais grâce à la voiture, des pèlerins venant de plus loin purent venir à Saint-Antoine. Au XIXème siècle, trois foires existaient à Saint Antoine: le premier mars, le 14 juin et le 28 septembre. De nombreux forains, saltimbanques et marchands de toutes sortes occupaient les deux côtés de la route sur une file en direction de « la Masse ».
Ensuite venaient les animaux. Une taxe communale était perçue. Voici quelques prix de l’année 1857 : 25 centimes par cheval, 10 centimes par bovin, 5 centimes par cochon, 2 francs 50 pour un étalage couvert et 1 franc pour toute une échoppe. L’abbé Kerremans supprima la foire peu avant la guerre de 14-18. Elle reprit pourtant par la suite, diminua progressivement pour s’arrêter en 1985, victime de la concurrence de la petite batte de Bomal et de la volonté des responsables du site. Depuis les années 1990, le pèlerinage s’étale sur 3 à 4 jours afin de mieux recevoir les personnes. D’autres saints sont actuellement vénérés : sainte Rita, le 22 mai, sainte Thérèse, le premier dimanche d’octobre et Notre Dame de guérison, le troisième samedi de septembre. Max et Marie Licher occupent le presbytère depuis 1986. Ils sont les véritables chevilles ouvrières de toutes ces activités.